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Scandale en temps réel

PROJET INDUSTRIEL DE PHOTOVOLTAÏQUE ET DE METHANATION SUR LE SUD LARZAC !



Au coeur d'une réunion publique vendredi soir au Caylar, le projet de 400 hectares de panneaux prévus sur le domaine privé de Calmels, sur le village Héraultais de Le Cros ne passent pas auprès de beaucoup d'ahabitants, d'élus et d'associations.

Le sujet agite le Causse depuis quelques semaines déjà et cristallise oppositions et inquiétudes. La réunion publique sur le projet d’installation d’une gigantesque centrale photovoltaïque sur le village voisin de Le Cros a rempli la salle des fêtes du Caylar où se bousculaient 250 personnes ce vendredi.

reunion publique au Caylar reunion publique au Caylar - PIXLOD

Organisée par un collectif de citoyens du plateau, animée par Julien Pradel, elle a été sans surprise un plaidoyer contre le projet de la société Héraultaise Arkolia. Jugé démesuré, il prévoit 400 hectares de panneaux sur une partie du domaine de chasse privé de Calmels, couplés à une usine de production de méthane.

Jugé démesuré

"Au-delà des 400 hectares, il y a les accès, les équipements, la ligne haute tensions pour transporter l’électricité, sans oublier sa consommation énorme en eau", pointaient Guy Degreef, puis Murray Nelson, coprésident de Société énergie citoyenne.

La communauté de communes dit non au projet


Lors de son bureau du jeudi 21 février, la communauté de communes Lodévois et Larzac a peut-être porté un coup fatal au projet, en émettant un avis défavorable, même si le préfet aura le dernier mot. Jean-Noël Malan, vice-président en charge de l’agriculture argumentait les quatre raisons majeures lors de la réunion vendredi au Caylar.

Quatre raisons majeures


  • Il est contraire aux labels de protection du patrimoine, dans un périmètre Unesco et du Grand Site de Navacelles
  • il y a une atteinte à la biodiversité, à la protection de plusieurs espèces protégées, et au pastoralisme sur une zone ZNIEFF et Natura 2000
  • il est incohérent en termes d’aménagement du territoire à l’échelle de la Communauté de Communes et du Pays Cœur d’Hérault.
  • Le projet est enfin gros consommateur d’eau. Alors que la gestion de la ressource est un enjeu majeur, il doit consommer 80000 m3/an. En comparaison, le Sivom du Larzac en distribue 135000 à la population du Larzac Méridional.


Autant de contradictions avec la stratégie de la communauté de communes menée au niveau économique (touristique, agricole), environnemental (patrimoine, biodiversité, eau) et urbanistique.
Par ailleurs, la collectivité réaffirme sa volonté comme cela a déjà été fait sur les communes de Lodève, du Bosc et de Soumont, de développer des énergies renouvelables sur les terrains adaptés dans les périmètres des friches industrielles laissées par Areva.

"On est sur un territoire recouvert de labels, dont un classement au patrimoine mondial de l’Unesco", notait l’ornithologue du groupe Rapaces massif central Bernard Ricau. Alain Ravayrol (France nature environnement), Jean-Claude Austruy (Centre de sauvegarde de la faune sauvage de Millau), et Pierre Maigre (LPO 34) soulignaient les incohérences des politiques publiques, le rôle de la Région Occitanie, ou la méthode des promoteurs. "Nous sommes pour les énergies renouvelables, mais pas à n’importe quel prix et pas n’importe où, surtout quand elles menacent un pan de notre biodiversité."

Un gros impact sur l’eau et la biodiversité


Pour eux, ce projet aura un impact irréversible sur une zone classée Natura 2000. "Il y a plusieurs dizaines d’hectares de vraiment bons sur Calmels, comme en témoignent les occupations d’élevages par le passé", ajoutaient les éleveuses de la Confédération Paysanne Dominique Voillaume et Amandine Mallants, avant de dénoncer l’artificialisation des terres agricoles. Décortiqué sous tous les angles, le projet continuait de faire l’unanimité contre lui au moment des échanges avec la salle, amenant aussi une réflexion de société sur la production et la consommation d’énergie.

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